Côte d’Ivoire : retour avorté de Tidjane Thiam

Côte d’Ivoire : retour avorté de Tidjane Thiam

Le banquier franco-ivoirien était attendu ce samedi 30 juillet à Yamoussoukro, après plus de vingt ans d’exil volontaire. Mais à la dernière minute, il a reporté sa venue.

Après des semaines de rumeurs, ce samedi devait être le grand jour… et puis non.
Tidjane Thiam a annoncé la veille au soir « avec le plus profond regret et la plus grande déception » qu’il reportait la date des « retrouvailles ».

Selon le communiqué du porte-parole du banquier franco-ivoirien, cela fait suite au fait que les autorités ont interdit les rassemblements autour du lieu de « retrouvailles » et de « résidence » de Tidjane Thiam. « ‘La paix et la sécurité de tous sont nos priorités », poursuit le texte.

Tidjane Thiam devait rentrer à Yamoussoukro, dans la ville façonnée par son grand-oncle, Félix Houphouët-Boigny, où il va passer une grande partie de son séjour de « quelques jours ». Augustin, son frère, en est aujourd’hui le gouverneur et est depuis une dizaine d’années le chef du canton Akoué.
Négociations

Tidjane Thiam devait aller s’incliner sur la tombe de sa mère, comme il l’avait confié à Jeune Afrique. Mariétou Sow, nièce de Félix Houphouët Boigny, est enterrée dans le caveau familial, situé dans la résidence de l’ancien président. Il devait aussi prendre part aux obsèques de son oncle, l’ancien Premier ministre Charles Konan-Banny.

Depuis qu’il a décidé de partir en exil après le coup d’État militaire de décembre 1999, qui a renversé Henri Konan Bédié alors qu’il était ministre du Plan et du Développement, Tidjane Thiam n’a jamais remis les pieds en Côte d’Ivoire. Il n’est même pas revenu lors du décès de son frère Daouda, en octobre 2018, et de celui de sa sœur N’Deye, en mai 2019.
« Je ne suis pas parti de Côte d’Ivoire de mon plein gré. Le 24 décembre 1999, j’étais ministre en poste et il y a eu un coup d’État », a-t-il expliqué à Jeune Afrique il y a quelques semaines.

Plusieurs facteurs expliquaient que l’homme envisage désormais ce retour. Le banquier s’est d’abord rapproché ces derniers mois d’Alassane Ouattara, avec qui il a déjeuné fin mai à Mougins, la résidence du président ivoirien dans le sud de la France. Tidjane Thiam dit avoir été marqué par une phrase prononcée par Ouattara dans une interview qu’il a accordée à France 24 au sujet du coup d’État de 1999 : « Ce coup d’État que nous regrettons tous ». À la suite du déjeuner de Mougins, le banquier s’était rendu, le 7 juin, à l’ambassade de Côte d’Ivoire à Paris, où il a été reçu par l’ambassadeur, Maurice Bandaman.

Rencontrer les présidents

La décrispation de la scène politique et les gestes d’apaisement l’ont également rassuré. Il est resté attentif à la rencontre entre Ouattara et Gbagbo en juillet 2021, puis à celle entre Ouattara, Bédié et Gbagbo le 14 juillet dernier, qu’il a perçue comme un signal fort. « J’ai toujours prôné le dialogue et la réconciliation », ajoute-t-il.


IL EXISTE MILLE MANIÈRES DE CONTRIBUER À LA SOCIÉTÉ EN GÉNÉRAL


Lors de son court séjour, Tidjane Thiam devait rencontrer de nouveau le président Ouattara. Il devait échanger également avec les deux prédécesseurs de ce dernier, Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié.

L’ancien directeur général de Credit Suisse (2015-2019) a été très actif ces dernières années : de membre de la « task force » de l’Union africaine – chargée de mobiliser le soutien international au plan de riposte de l’Afrique à la crise du Covid-19 – à son arrivée récente à la tête du conseil d’administration du groupe français de communication Publicis, en passant par sa nomination à la présidence du Rwanda Finance Limited pour promouvoir la place financière de Kigali, il a également lancé en mars 2021 le SPAC (Special Purpose Acquisition Vehicle, une société d’acquisition à vocation spécifique).

Par Jeune Afrique

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