Côte d'Ivoire : Jacques Ehouo s'est finalement résigné à répondre à sa convocation à la police économique

 


Côte d'Ivoire : Jacques Ehouo s'est finalement résigné à répondre à sa convocation à la police économique

Jacques Ehouo a répondu cette fois ci à sa convocation déposée mercredi à son domicile par les éléments de la police économique.

Le maire récemment élu au Plateau, accompagné de son conseil, s'est rendu ce jour aux alentours de 11HTU, dans les locaux de la police économique, situés dans ladite commune du Plateau, pour y être auditionné dans le cadre de la plainte déposée contre lui et son oncle Bendjo par le maire intérimaire Jacques Yapi.

La plainte concerne une affaire de détournement de fonds publics, blanchiment et usage de faux entre 2008 et 2017 pour un total de 6 milliards de Fcfa à travers des contrats passés entre sa société neg-com et la mairie d'alors du Plateau dirigée par son oncle (Noël Akossi Bendjo, révoqué et en exil en France depuis juillet 2018, ndlr).

Le député dont on ignore si l'immunité parlementaire sera levée par le bureau de l'Assemblée nationale, est poursuivi dans le cadre de l'article 92 alinéa 2 de la constitution.

Le scandale a été révélé le 10 décembre dernier par Jaques Yapi suite à un audit.

KOACI

 


Côte d'Ivoire : Le maire intérimaire du Plateau révèle un scandale financier de 6 milliards de Fcfa et une plainte contre Jacques Ehouo

Révélations de taille dimanche à Abidjan. Le maire intérimaire du Plateau a fait la lumière sur une affaire de corruption de grande ampleur, plus de 6 milliards de Fcfa (près de 10 millions d'euros, ndlr) détournés entre 2004 et 2017 à des fins personnels en faveur de Jacques Ehouo (maire Pdci récemment élu et député du Plateau, ndlr) et Noël Akossi Bendjo (ancien maire révoqué pour détournements, ndlr).

Devant la presse conviée dans la salle de mariage de ladite mairie, Jacques Yapi, documents à l'appui distribués aux journalistes, a expliqué que le mécanisme de détournement a été découvert après un audit interne effectué en 2018 et annoncé que le conseil a instruit ses avocats pour porter plainte contre Jacques Ehouo, son oncle Bendjo, en France depuis juillet, faisant lui déjà l'objet d'une procédure en cours.

Jacques Yapi a expliqué que selon l'audit, contrairement à la loi, la société détenue par Jacques Ehouo "Neg-com", initialement société de communication, était en charge de la perception des recettes de taxes communales (ODP et taxe sur la publicité, ndlr). Elle fonctionnait, de fait, comme une régie de recette.

«Quand je suis arrivé j'ai voulu regarder les choses de plus près. J'ai pris à cœur d'examiner certains contrats notamment celui de Neg-com créé en 2002, dirigée par Jacques Ehouo Gabriel. En 2004 un contrat a été signé avec Bendjo pour encaisser les taxes publicitaires. Dans ce contrat la société Jacques Ehouo versait 70% à la mairie et gardait les 30% pour elle même. Ce qui fait que Neg-com fonctionnait comme une régie de recettes ce qui est contraire à la loi. Parce que pour quelle existe il faut une décision en conseil des ministres» a révélé Jacques Yapi, qui gère la mairie depuis la révocation de l'ancien Maire en Août dernier.

L'audit qui révèle ce jour un scandale financier sans quasi précédent dans l'histoire du pays, a été lancé après une série de découvertes d’anomalies financières entre 2004 et 2017.

Les services de la mairie avaient été alertés par le fait que la commune centrale d'Abidjan avait enregistré seulement 615 millions de Fcfa de recettes reversées (ODP et taxe sur la publicité, ndlr), alors que depuis son arrivée, Jacques Yapi en enregistre 50 millions par mois.

Le maire intérimaire poursuit ses révélations: «J'ai découvert un protocole d'accord signé en février 2004. Dans un tableau que j'ai établi en terme de taxes de publicité, la commune du Plateau n'a enregistré que 615 millions dans ses lignes de 2004 à 2017. Or sous ma gestion 2018, je fais 50 millions de recette par mois. Voilà la situation. Je tiens à préciser que la société de Ehouo Jacques est personnellement responsable parce que c'est son entreprise. La responsabilité de Ehouo Jacques est totale depuis 2004. Nous avons fait un audit qui démontre que le préjudice subit par la commune du Plateau est estimé à 6 milliards de Fcfa de 2004 à 2017. Nous avons la liste des entreprises qui ont payé. Nous avons les chiffres payés, par exemple par la société de téléphonie mobile MTN (350 millions) et contrat avec Nsia. Voyant tout ça, j'ai donc décidé d'intimer l'ordre à l'entreprise de Jacques Ehouo de rembourser le préjudice subit. Ce dernier a opposé une fin de non recevoir. Il m'a plutôt envoyé un avocat. Moi j'attends que ce préjudice soit payé. J'ai décidé de briser ce son de conformisme ambiant pour que les choses changent. Il faut qu'un jour dans ce pays, nous reconsidérions les choses pour que le pays avance».

Le maire intérimaire a également révélé une affaire de modification de statut juridique en catimini une nouvelle fois en faveur de Bendjo et de l'ancien candidat PDCI aux municipales 2018 à Attécoubé, Eho Djoman Claude.

« En 2003, le conseil municipal du Plateau a vu inscrire dans ses documents une prise de participation dans une société d'économie mixte de 20 millions. Le conseil n'a ni vu les statuts ni les documents. Ensuite le conseil n'a plus entendu parlé de cette société jusqu'en 2014 où on demande un financement de 60 millions. Je me suis opposé à cette époque. Aujourd'hui je me rends compte que cette société n'est plus mixte mais plutôt anonyme. Avec pour actionnaires Eho Djoman Claude, un parent de Bendjo et un autre comptable à la mairie du Plateau. À la faveur de mon intérim, ma surprise est totale. Je découvre que depuis avril 2015, la commune du Plateau et l'agent de la mairie ont cédé leurs parts à Ehouo Djoman Claude ceci à l'insu du conseil municipal en ce qui conseil l'entreprise de construction SDPP. Pour ces deux principaux dossiers, j'ai demandé à l'avocat de la commune pour qu'il y ai juridiquement une suite. Miezan Pierre (comptable, ndlr), Eho Djoman Claude, Bendjo et Jacques Ehouo je souhaite qu'il y ai des poursuites contre ces personnes. Moi j'assure l'intérim et je demande que ceux qui ont créé le préjudice à la commune du plateau puissent payer».

Le scandale révélé, reste désormais à observer la suite que donnera la justice à cette bien sale affaire.


Côte d'Ivoire : Scandale de la Mairie du Plateau, voilà ce que l'audit révèle

Après avoir révélé dimanche l'affaire, hier le dossier de la police économique et la plainte déposée par le maire intérimaire du Plateau contre Jacques Ehouo, KOACI a reçu, une nouvelle fois en exclusivité, le rapport d'audit à l'origine du scandale qui frappe la commune des affaires du pays.

Rédigé en octobre 2018 par la société d'avocat BKA (Bazie, Koyo, Assa, ndlr), il révèle, en 33 pages, comment Jacques Ehouo, qui prendra fonction demain jeudi à 11H (premier conseil municipal depuis son élection, ndlr), a détourné, en complicité de son oncle Noël Akossi Bendjo, 10 millions d'euros entre 2004 à 2018.

Alors que le pays s'est engagé vis à vis de ses bailleurs et la communauté internationale à être sans pitié avec qui sera pris la main dans le sac des biens publics, l'audit, après consultation, nous apprend que les contrats passés en 2004 entres lesdites entreprises et la mairie du Plateau, à l'origine des détournements de 6 milliards de Fcfa, sont nuls car illégaux.

Un protocole d'accord signé en 2004 entre Neg-Com (SARL crée en 2002 avec jusqu'en 2016, Ehouo comme associé unique avant la cession de toutes ses parts en 2016 à Madame Christine Mélanie Brah Laubhouet, ndlr) et la mairie du Plateau comprenait une "ristourne" de 30% (70% pour la mairie, ndlr) de la perception des taxes relatives à l'occupation du domaine public et à la publicité.

Rien que sur la validité de la forme, l'audit rappelle au sujet dudit protocole conclu entre Neg-com et la Mairie, que suivant la loi, seule la commune à la responsabilité juridique et non la Mairie qui ne sont que les bureaux du maire et du conseil municipal.

De fait, au delà du fait que le protocole fut conclu sans libération du conseil municipale, la mairie ne peut être une autorité contractante parce que n'ayant pas la personnalité juridique.

Ce protocole d'accord, en ce qu'il confiait à Neg-com la mission de procéder à l'émission des états de recouvrement des taxes relatives à l'occupation du domaine public et à la publicité pour tous les espaces, apparait donc en totale violation des dispositions du régime financier des communes dans lequel seul le trésorier municipal en est légalement habilité.

Il ressort, en synthèse qu'au delà de n'avoir reversé que 614 millions de Fcfa entre 2004 et 2017, alors que l'actuelle équipe (maire intérimaire, ndlr) récolte depuis son arrivée (révocation de Bendjo, ndlr) 50 millions de Fcfa par mois, que l'ensemble du reste (6 milliards de Fcfa, ndlr) a été détourné à des fins personnelles.

C'est dans ce contexte crapuleux que Jacques Ehouo, par ailleurs député, qui pourrait faire l'objet de poursuite sous peu (plainte déposée hier au procureur de la République, temps que la procédure soit ouverte et le dossier traité ndlr), présidera son premier conseil municipal jeudi à la Mairie du Plateau.

Au regard de la gravité des faits, Jacques Ehouo pourrait ainsi voir son immunité parlementaire levée et son poste de maire logiquement révoqué comme pour son oncle Bendjo, poursuivi mais en fuite depuis juillet.

Jean Chrésus