"Cote d'Ivoire 2020: Les partis politiques peuvent-ils incarner l'avenir?"

 



"Cote d'Ivoire 2020: Les partis politiques peuvent-ils incarner l'avenir?"

Jeudi 22 janvier, dans les salons de la maison de l'Afrique à Paris Boissière, le jeune et très engagé Serge Djibré, a animé une conférence de presse organisée par le réseau des journalistes africains à Paris sur le thème en grand titre de notre article.

Avec un discours fluide et limpide, le jeune homme s'est adressé à un public apprêté et il a convaincu tant ses paroles étaient empreintes à la fois de sagesse, et de réalisme déconcertant.

Selon lui, "les partis politiques sont aujourd'hui des officines électorales dans lesquelles il est fait l'apologie de la pensée unique".
On rejette systématiquement ce que celui qui n'est pas de notre camp émet comme idée parce qu'on croit avoir la science infuse en politique. Cela est dangereux, dit le conférencier dans la mesure où on se croient le plus fort parce qu'on a le pouvoir surtout.
Il incite et invite les partis politiques à éduquer leurs militants dans ce sens et cela pourrait être un angle intéressant pour rentrer dans une vraie démocratie.
"C'est aux leaders politiques de faire du droit à la différence une valeur".
Mais le constat qui est fait de tous, c'est que les miliatnts en question sont obtus et se jettent dans des oppositions pro/pro dénuées de tout sens et qui vont parfois jusqu'à la stupidité de la violence physique.

Serge Djibré se dit dépassé qu'en 2018, la tendance générale est que nous n'avons pas retenu les énormes erreurs du passé. "Lorsque les citoyens évoquent leurs problèmes sociaux, on leur parle d'alternance, de qui a gagné en 2010, de parti unifié". Voilà ce qui fait débat alors que sur le terrain, la réalité de la vie dépasse les ivoiriens et fait fureur.
Il faut en finir avec les partis devenus fossiles, les conflits de nos leaders menacent l'avenir du pays. Il y énormément de visages qui doivent changer et se mettre à la retraite parce que depuis 1993, nous sommes fatigués."
Dit-il un peu agacé et en faisant des comparaisons pertinentes sur la capacité des ivoiriens à deifier l'occident et à ne pas faire le minimum dans le quotidien pour être un peu à leur niveau.
Serge prend l'exemple des parcs verts et de loisirs pour les enfants qu'il y a dans toutes les villes françaises.
"Ce sont des choses simples qui nous plaisent et qui nous font rêver pour nos enfants. Pourquoi nous ne pouvons pas dans nos quartiers, disposer de telles infrastructures pour que nos enfants jouent? Est-ce un plaisir pour nous de les voir s'amuser à longueur de journée dans boue et gadoue?"
Il nous indexe sur notre capacité manifeste à nous mettre au pas et en place dans ce pays.
Il y a des règles en occident. On vous les dicte et sans broncher vous vous exécuter.
Pourquoi, on ne le fait pas dans et pour notre pays?

Ainsi, Serge Djibré nous appelle tous à une alliance du RENOUVEAU AVEC LES MEMBRES DE LA SOCIETE CIVILE

Les ivoiriens ont besoin de passer à autre chose avec des visages issus des milieux de l'art, du sport, de la culture, de l'économie, de l'éducation populaire, de la recherche scientifique" Durant ces dernières années, énormément de jeunes ivoiriens et ivoiriennes à travers leurs actions, ont montré ce dont ils sont capables en étant loin de la prise en otage des partis politiques et ceux-là, méritent aujourd'hui de s'engager et de nous faire progresser.

Pour terminer, il fait une chute admirable en évoquant l'héritage que nous devrions laisser à nos enfants:

"Aujourd'hui je suis quarantenaire, il faut que je pense à ce que je dois laisser à mes enfants. J'en appelle à tous ceux qui sont de ma génération pour s'engager et ne pas subir. Il nous faut tourner la page des querelles vaines et inutiles pour nos enfants. Nous voulons que nos pays ressemblent à Paris, Usa, mais nous ne faisons rien pour améliorer notre quotidien. Les vrais défis, c'est de prendre à coeur le problème de l'emploi, de l'éducation, du logement, de la santé en sortant de cet immobilisme sidérant"

Il lance une phrase forte en disant : "Les ivoiriens doivent se sentir orphelins pour aller de l'avant car, ils n'ont personne pour les aider. C'est à eux-même de s'aider en bâtissant une société civile de poids."

Pacôme Christian Kipré