La tuerie de 7 femmes à Abobo est une "mise en scène", selon la défense de Gbagbo


La tuerie de 7 femmes à Abobo est une "mise en scène", selon la défense de Gbagbo

La défense de l'ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo a soutenu mardi dans sa plaidoirie devant la Cour pénale internationale (CPI) que la « présumée tuerie» de 7 femmes pro-Ouattara dans le quartier populaire d'Abobo au Nord d'Abidjan le 03 mars 2011 lors d'un rassemblement politique est « une mise en scène orchestrée» pour accuser les FDS ( Forces de défense et de sécurité, restées loyales à M. Gbagbo).

« Les éléments de preuve du procureur au soutien de cette accusation de la tuerie de 7 femmes à Abobo sont de très mauvaises qualités. Il s'agit d'une mise en scène orchestrée pour accuser les FDS», a soutenu devant la Cour Me Jennifer Nahouri, l'une des membres du collectif de défense de M. Gbagbo.

Selon elle, la vidéo de cette tuerie présumée des femmes diffusée par le procureur devant la juridiction n'a pas été filmée le 03 mars 2011, mais, plutôt, le 07 janvier 2011, soit deux mois avant les faits.

« Rien dans les vidéos soumises par le procureur n'est explicite. Ces vidéos sont toutes des montages », a estimé Me Nahouri. Poursuivant, l'avocate de M. Gbagbo a, dans sa plaidoirie, également battu en brèche, plusieurs autres accusations du procureur à l'encontre de son client.

Notamment, les « bombardements allégués» du 17 mars 2011 commis par des forces pro-Gbagbo dans la même commune d'Abobo et les « crimes allégués » à Yopougon ( Ouest d'Abidjan) commis par des forces militaires de l'ancien président le 12 avril 2011.

« Les éléments de preuve du procureur relativement à l'usage de mortiers à Abobo le 17 mars 2011 contre des civils pro-Ouattara, n'ont aucune valeur probante», a-t-elle affirmé ajoutant que les témoins importants du procureur tels que les généraux Philippe Mangou et Detho Léto ont déclaré devant la Cour qu'il n'y a pas eu d'usage de mortier de 120 millimètres depuis le camp commando d'Abobo.

« Ces accusations sont basées sur des supputations faites par le procureur », a dit la consœur de Me Emmanuel Altit ( avocat principal de M. Gbagbo) relativement aux crimes commis le 12 avril 2011 et imputés par le procureur aux forces pro-Gbagbo.

Le procès conjoint de Laurent Gbagbo et de son ex-ministre de la jeunesse, Charles Blé Goudé a repris lundi devant la CPI après plus d'un mois de suspension. Depuis cette reprise, l'on assiste à la plaidoirie des avocats de l'ancien président ivoirien pour son acquittement.

M. Gbagbo et son coaccusé, sont poursuivis pour quatre chefs de crimes contre l'humanité commis pendant la crise postélectorale ivoirienne de décembre 2010 à avril 2011 qui a fait officiellement 3000 morts.

Le procès conjoint des deux hommes s'est ouvert le 28 janvier 2016. La parole a été donnée au procureur pendant presque deux ans où il a présenté 82 témoins à charge.

LB/ls/APA